Sans l'ombre d'un doute
Il venait d'entrer, celui qui, depuis quelques mois, faisait battre son coeur. Elle vit apparaître son doux visage à travers cette foule de créatures monstrueuses et grouillantes à l'entrée de la discothèque. Elle le considéra et se perdit dans ses songes, rêvant délibérément d'être sa petite amie et de sentir ses bras se nouer autour d'elle. Et encore une fois, elle vagua à la dérive dans un océan d'amour imaginaire. Mais la situation était désespérée : en deux mois, jamais ils ne s'étaient adressé la parole, pas même pour un petit bonjour matinal. Quelle rêveuse elle était!
Au bout de quelques secondes, elle remarqua qu'à son tour, il la dévisageait. Son regard, aussi profond et sombre que le firmament, ainsi planant sur elle, vint la décontenancer : elle eut l'impression que ses joues étaient devenues couleur de feu. Rapidement, elle détourna la tête. Pendant un moment, elle joua nerveusement avec l'anneau qu'elle portait à l'oreille droite. Cédant à la tentation intérieure de savoir s'il l'observait toujours, ses yeux revinrent à lui. Malheur! Il n'était plus là! Où était-il? Et comment pourrait-elle le retrouver entre toutes ces personnes qui avaient été tentées par l'invitation à une soirée costumée en guise de célébration pour la fête de l'Halloween?
Les heures s'écoulaient au sablier sans qu'elle ne l'ait de nouveau aperçu à l'intérieur du club. Il avait quitté la fête, il n'y avait pas l'ombre d'un doute. Elle était déçue et exacerbée, n'ayant plus aucun intérêt. Elle n'arrivait même plus à sourire, elle avait perdu son entrain.
Tout à coup, un garçon s'avança de peine et de misère tout en jouant du coude, vers sa copine et elle. Une lueur d'espoir fit bondir son coeur dans sa poitrine. Était-ce lui qui venait à sa rencontre? Ce fait était fort peu probable, puisque lorsqu'elle avait vu son beau prince, il n'était pas costumé, tandis que celui qui faisait tous les efforts possibles pour progresser jusqu'à elles à travers la foule était déguisé en vampire. Mais... à bien y penser... il aurait certes eu le temps d'aller enfiler sa tenue depuis tout le temps qu'elle l'avait perdu de vue!
Le vampire arriva et elle constata avec amertume que ce n'était pas lui. Vinrent élire refuge dans son coeur peine, colère, déception et désespoir... Elle aurait voulu hurler pour se dégager de tout cet amour dérisoire qui lui rendait la vie insupportable.
Plutôt sympathique, le jeune homme-vampire leur offrit de se joindre à son groupe. Sa camarade, tout à fait enchantée par la proposition, se retourna dans sa direction, l'air suppliant. " Je préfère rester ici, lui avoua-elle, désolée de la décevoir. Mais quant à toi, fais-moi le plaisir de le suivre et de bien t'amuser. Son amie, envahie par la culpabilité, jeta sur elle un regard empreint de pitié. Ne t'en fais pas pour moi, la rassura-t-elle tout en s'efforçant de sourire. De toute façon, je suis fatiguée et je crois que je ne vais pas tarder à rentrer. " Sa copine lui exprima quelques paroles réconfortantes avant de partir avec le suceur de sang, visiblement très ému qu'elle ait accepté l'invitation.
Maintenant seule. Elle soupira avant de projeter un regard inattentif autour d'elle. Ne trouvant personne à qui faire la conversation, elle fixa la table inoccupée à côté de la sienne. La musique aboyait une résonance morose correspondant parfaitement au thème de la fête des morts.
Au bout de quelques minutes, elle ressentit un violent malaise viscéral. Elle ne savait pourquoi, mais elle éprouvait une étrange impression. En quête d'une réponse quelconque à sa question, elle balaya la salle du regard. Tous ceux présents festoyaient, buvant, chantant et dansant
Soudain, son regard le croisa. Son sang se glaça d'effroi. Un homme, vêtu d'une longue et macabre cape noire. Sa figure était complètement dissimulée derrière un masque totalement blanc, inerte et sans expression. Seuls ses yeux étaient découverts. Ils étaient effroyablement perçants et anormalement insistants. Que lui voulait-il, et surtout, qui était-ce? Elle le regarda droit dans les yeux, espérant l'intimider et le voir tourner la tête. Un frisson lui parcouru l'échine. Il persistait.
Elle osa un nouveau coup d'oeil. Il l'observait toujours de ses yeux presque inhumains. Elle décida alors de partir. Ce petit jeu de mauvais goût ne lui plaisait guère. La tension la gagnait lentement. Des créatures cauchemardesques s'animaient sur la piste de danse et la bousculaient sur son passage. Il faisait une chaleur torride et elle voulait sortir de cet endroit. La musique était lugubre et troublante. Le maniaque était-il toujours à son poste d'observation? Une brève oeillade en sa direction. Dieu du ciel! Qu'oui, il y était! Maintenant, il cheminait vers elle.
Elle devait emprunter la seconde sortie, puisque la plus affectée était à l'opposé de sa situation. Elle étouffait littéralement. La sortie qu'elle envisageait, quant à elle, était située tout près, voir à quelques pas.
Elle n'entendait que son c½ur qui résonnait, tels d'énormes puissants tambours battants. La panique se répandait en elle telle une traînée de poudre. Elle voulait sortir, humer l'air frais du dehors, voir scintiller les lumières de la ville à quelques kilomètres de là, pour finalement rentrer chez elle.
Elle pénétra alors dans le couloir long et sinueux. La lumière y était étonnamment faible et il y régnait une atmosphère insolite. Elle entendait les cris à fendre l'âme des fêtards de la discothèque et elle devint tout simplement terrifiée. Le corridor était désert devant elle mais elle n'avait pas le courage de se retourner pour vérifier si son persécuteur était toujours à sa poursuite. Elle eut un heureux soupir de soulagement lorsqu'elle se décida enfin à regarder. Personne ne se trouvait derrière elle.
Elle sortit enfin à l'extérieur. Une brise d'air frais vint lui caresser le visage et fit virevolter doucement ses longs cheveux. La crainte se dissipait lentement, au gré du cliquetis de ses pas dans le vaste stationnement désertique. Elle ne pouvait toutefois s'empêcher de précipiter nerveusement quelques regards anxieux autour d'elle. Reconnaissant son véhicule parmi les autres, elle s'avança d'un pas ferme, et... poussa un hurlement qu'elle étouffa de ses deux mains plaquées résolument sur sa bouche.
Avait été inscrit sur son pare-brise en lettres de sang : " Est venu le temps de la mort ". L'écriture était comparable à celle d'un enfant maladroit. Le fluide rouge noirâtre dégoulinait, rendant le message ainsi difficile à déchiffrer.
À ce moment même, elle eut l'impression que son c½ur avait cessé de battre. La jeune fille avait un goût de métal dans la bouche et ses jambes pouvaient à peine la supporter. Elle entendit des pas derrière elle, et exhala un cri d'épouvante. Était-ce son assaillant?
" Pardon, dit une voix masculine non loin derrière elle. Je ne voulais pas te faire sursauter. Il fit un pas en avant. Laisse moi t'aider. J'ai vu celui qui a gribouillé cette obscénité sur ta voiture. Il était totalement vêtu de noir mais je n'ai pu voir son visage. "
Troublée par cette affirmation, elle chambranla, prise de vertige. Et il s'avança dans le faisceau de lumière diffusé par le lampadaire. De ce fait, elle put voir son visage et, du même coup, reconnaître son sauveur.
La peur qu'elle avait quelques minutes auparavant ressentie jusque dans ses os s'estompa presque comme par magie. Son affolement s'envola, passager du souffle du vent. Celui qui lui offrait si gentiment son aide était nul autre que l'élu de son c½ur. Lui de qui elle rêvait depuis des mois... Un sentiment indéniable vint l'apaiser. En sa présence, elle ressentait une sécurité absolue sans précédent.
Ils firent brièvement connaissance et elle lui fit part de son aventure avec ce ténébreux personnage. Il lui assura d'une voix calme et rassurante qu'il veillerait personnellement à la raccompagner. Dépassée par la rapidité avec laquelle les aventures se propulsaient en cette nuit fraîche et profonde, elle s'avoua être très fatiguée. Par conséquent, il était largement plus raisonnable d'accepter d'être conduite par une autre personne. Elle accepta, le c½ur léger, sentant qu'enfin les portes de l'Amour s'ouvraient à elle.
Tout en oubliant l'incident de la discothèque, elle s'assoupit légèrement dans la voiture, exténuée par le stress des évènements. " Enfin il porte intérêt à moi... " se dit-elle en son fort intérieur avant de sombrer dans un sommeil vaporeux.
Elle dut dormir quelques minutes seulement. Lorsque son rêve se dissipa, elle ouvrit à nouveau les yeux et, avec admiration, elle le regarda. Il était d'une beauté stupéfiante, et particulièrement ce soir. Ses yeux étaient d'une clarté sublime et vive. Des étincelles d'excitation brillaient dans son regard. Il ne cessait de regarder droit devant lui, submergé par quelconques réflexions.
Le véhicule s'engagea dans la voie de gauche, et elle entendit quelque chose verser à l'arrière. Elle se retourna. Un sac brun, à première vue sans intérêt. Elle se détourna, mais à la dernière seconde, un détail attira son attention. Elle se retourna vivement de nouveau vers le sac de papier en question. La cape noire et le masque blanc y étaient dissimulés.
Elle regarda le jeune homme une nouvelle fois. L'éclat de ses yeux était saisissant et un sinistre sourire naissait aux commissures de ses lèvres. Sans dire un mot, elle regarda à l'extérieur. Tout était d'un noir impénétrable. Les arbres ne cessaient de défiler autour d'eux. Le ciel semblait être porteur d'un lourd secret. La lueur de la lune était énigmatique et semblait irréelle. Sans vie, la nature était cernée par l'opacité des ténèbres menaçantes. Il n'y avait pas âme qui vive à des kilomètres de là.
Elle le regarda, toujours silencieuse. C'est à cet instant qu'elle comprit qu'ils n'étaient pas sur le chemin du retour.
Il venait d'entrer, celui qui, depuis quelques mois, faisait battre son coeur. Elle vit apparaître son doux visage à travers cette foule de créatures monstrueuses et grouillantes à l'entrée de la discothèque. Elle le considéra et se perdit dans ses songes, rêvant délibérément d'être sa petite amie et de sentir ses bras se nouer autour d'elle. Et encore une fois, elle vagua à la dérive dans un océan d'amour imaginaire. Mais la situation était désespérée : en deux mois, jamais ils ne s'étaient adressé la parole, pas même pour un petit bonjour matinal. Quelle rêveuse elle était!
Au bout de quelques secondes, elle remarqua qu'à son tour, il la dévisageait. Son regard, aussi profond et sombre que le firmament, ainsi planant sur elle, vint la décontenancer : elle eut l'impression que ses joues étaient devenues couleur de feu. Rapidement, elle détourna la tête. Pendant un moment, elle joua nerveusement avec l'anneau qu'elle portait à l'oreille droite. Cédant à la tentation intérieure de savoir s'il l'observait toujours, ses yeux revinrent à lui. Malheur! Il n'était plus là! Où était-il? Et comment pourrait-elle le retrouver entre toutes ces personnes qui avaient été tentées par l'invitation à une soirée costumée en guise de célébration pour la fête de l'Halloween?
Les heures s'écoulaient au sablier sans qu'elle ne l'ait de nouveau aperçu à l'intérieur du club. Il avait quitté la fête, il n'y avait pas l'ombre d'un doute. Elle était déçue et exacerbée, n'ayant plus aucun intérêt. Elle n'arrivait même plus à sourire, elle avait perdu son entrain.
Tout à coup, un garçon s'avança de peine et de misère tout en jouant du coude, vers sa copine et elle. Une lueur d'espoir fit bondir son coeur dans sa poitrine. Était-ce lui qui venait à sa rencontre? Ce fait était fort peu probable, puisque lorsqu'elle avait vu son beau prince, il n'était pas costumé, tandis que celui qui faisait tous les efforts possibles pour progresser jusqu'à elles à travers la foule était déguisé en vampire. Mais... à bien y penser... il aurait certes eu le temps d'aller enfiler sa tenue depuis tout le temps qu'elle l'avait perdu de vue!
Le vampire arriva et elle constata avec amertume que ce n'était pas lui. Vinrent élire refuge dans son coeur peine, colère, déception et désespoir... Elle aurait voulu hurler pour se dégager de tout cet amour dérisoire qui lui rendait la vie insupportable.
Plutôt sympathique, le jeune homme-vampire leur offrit de se joindre à son groupe. Sa camarade, tout à fait enchantée par la proposition, se retourna dans sa direction, l'air suppliant. " Je préfère rester ici, lui avoua-elle, désolée de la décevoir. Mais quant à toi, fais-moi le plaisir de le suivre et de bien t'amuser. Son amie, envahie par la culpabilité, jeta sur elle un regard empreint de pitié. Ne t'en fais pas pour moi, la rassura-t-elle tout en s'efforçant de sourire. De toute façon, je suis fatiguée et je crois que je ne vais pas tarder à rentrer. " Sa copine lui exprima quelques paroles réconfortantes avant de partir avec le suceur de sang, visiblement très ému qu'elle ait accepté l'invitation.
Maintenant seule. Elle soupira avant de projeter un regard inattentif autour d'elle. Ne trouvant personne à qui faire la conversation, elle fixa la table inoccupée à côté de la sienne. La musique aboyait une résonance morose correspondant parfaitement au thème de la fête des morts.
Au bout de quelques minutes, elle ressentit un violent malaise viscéral. Elle ne savait pourquoi, mais elle éprouvait une étrange impression. En quête d'une réponse quelconque à sa question, elle balaya la salle du regard. Tous ceux présents festoyaient, buvant, chantant et dansant
Soudain, son regard le croisa. Son sang se glaça d'effroi. Un homme, vêtu d'une longue et macabre cape noire. Sa figure était complètement dissimulée derrière un masque totalement blanc, inerte et sans expression. Seuls ses yeux étaient découverts. Ils étaient effroyablement perçants et anormalement insistants. Que lui voulait-il, et surtout, qui était-ce? Elle le regarda droit dans les yeux, espérant l'intimider et le voir tourner la tête. Un frisson lui parcouru l'échine. Il persistait.
Elle osa un nouveau coup d'oeil. Il l'observait toujours de ses yeux presque inhumains. Elle décida alors de partir. Ce petit jeu de mauvais goût ne lui plaisait guère. La tension la gagnait lentement. Des créatures cauchemardesques s'animaient sur la piste de danse et la bousculaient sur son passage. Il faisait une chaleur torride et elle voulait sortir de cet endroit. La musique était lugubre et troublante. Le maniaque était-il toujours à son poste d'observation? Une brève oeillade en sa direction. Dieu du ciel! Qu'oui, il y était! Maintenant, il cheminait vers elle.
Elle devait emprunter la seconde sortie, puisque la plus affectée était à l'opposé de sa situation. Elle étouffait littéralement. La sortie qu'elle envisageait, quant à elle, était située tout près, voir à quelques pas.
Elle n'entendait que son c½ur qui résonnait, tels d'énormes puissants tambours battants. La panique se répandait en elle telle une traînée de poudre. Elle voulait sortir, humer l'air frais du dehors, voir scintiller les lumières de la ville à quelques kilomètres de là, pour finalement rentrer chez elle.
Elle pénétra alors dans le couloir long et sinueux. La lumière y était étonnamment faible et il y régnait une atmosphère insolite. Elle entendait les cris à fendre l'âme des fêtards de la discothèque et elle devint tout simplement terrifiée. Le corridor était désert devant elle mais elle n'avait pas le courage de se retourner pour vérifier si son persécuteur était toujours à sa poursuite. Elle eut un heureux soupir de soulagement lorsqu'elle se décida enfin à regarder. Personne ne se trouvait derrière elle.
Elle sortit enfin à l'extérieur. Une brise d'air frais vint lui caresser le visage et fit virevolter doucement ses longs cheveux. La crainte se dissipait lentement, au gré du cliquetis de ses pas dans le vaste stationnement désertique. Elle ne pouvait toutefois s'empêcher de précipiter nerveusement quelques regards anxieux autour d'elle. Reconnaissant son véhicule parmi les autres, elle s'avança d'un pas ferme, et... poussa un hurlement qu'elle étouffa de ses deux mains plaquées résolument sur sa bouche.
Avait été inscrit sur son pare-brise en lettres de sang : " Est venu le temps de la mort ". L'écriture était comparable à celle d'un enfant maladroit. Le fluide rouge noirâtre dégoulinait, rendant le message ainsi difficile à déchiffrer.
À ce moment même, elle eut l'impression que son c½ur avait cessé de battre. La jeune fille avait un goût de métal dans la bouche et ses jambes pouvaient à peine la supporter. Elle entendit des pas derrière elle, et exhala un cri d'épouvante. Était-ce son assaillant?
" Pardon, dit une voix masculine non loin derrière elle. Je ne voulais pas te faire sursauter. Il fit un pas en avant. Laisse moi t'aider. J'ai vu celui qui a gribouillé cette obscénité sur ta voiture. Il était totalement vêtu de noir mais je n'ai pu voir son visage. "
Troublée par cette affirmation, elle chambranla, prise de vertige. Et il s'avança dans le faisceau de lumière diffusé par le lampadaire. De ce fait, elle put voir son visage et, du même coup, reconnaître son sauveur.
La peur qu'elle avait quelques minutes auparavant ressentie jusque dans ses os s'estompa presque comme par magie. Son affolement s'envola, passager du souffle du vent. Celui qui lui offrait si gentiment son aide était nul autre que l'élu de son c½ur. Lui de qui elle rêvait depuis des mois... Un sentiment indéniable vint l'apaiser. En sa présence, elle ressentait une sécurité absolue sans précédent.
Ils firent brièvement connaissance et elle lui fit part de son aventure avec ce ténébreux personnage. Il lui assura d'une voix calme et rassurante qu'il veillerait personnellement à la raccompagner. Dépassée par la rapidité avec laquelle les aventures se propulsaient en cette nuit fraîche et profonde, elle s'avoua être très fatiguée. Par conséquent, il était largement plus raisonnable d'accepter d'être conduite par une autre personne. Elle accepta, le c½ur léger, sentant qu'enfin les portes de l'Amour s'ouvraient à elle.
Tout en oubliant l'incident de la discothèque, elle s'assoupit légèrement dans la voiture, exténuée par le stress des évènements. " Enfin il porte intérêt à moi... " se dit-elle en son fort intérieur avant de sombrer dans un sommeil vaporeux.
Elle dut dormir quelques minutes seulement. Lorsque son rêve se dissipa, elle ouvrit à nouveau les yeux et, avec admiration, elle le regarda. Il était d'une beauté stupéfiante, et particulièrement ce soir. Ses yeux étaient d'une clarté sublime et vive. Des étincelles d'excitation brillaient dans son regard. Il ne cessait de regarder droit devant lui, submergé par quelconques réflexions.
Le véhicule s'engagea dans la voie de gauche, et elle entendit quelque chose verser à l'arrière. Elle se retourna. Un sac brun, à première vue sans intérêt. Elle se détourna, mais à la dernière seconde, un détail attira son attention. Elle se retourna vivement de nouveau vers le sac de papier en question. La cape noire et le masque blanc y étaient dissimulés.
Elle regarda le jeune homme une nouvelle fois. L'éclat de ses yeux était saisissant et un sinistre sourire naissait aux commissures de ses lèvres. Sans dire un mot, elle regarda à l'extérieur. Tout était d'un noir impénétrable. Les arbres ne cessaient de défiler autour d'eux. Le ciel semblait être porteur d'un lourd secret. La lueur de la lune était énigmatique et semblait irréelle. Sans vie, la nature était cernée par l'opacité des ténèbres menaçantes. Il n'y avait pas âme qui vive à des kilomètres de là.
Elle le regarda, toujours silencieuse. C'est à cet instant qu'elle comprit qu'ils n'étaient pas sur le chemin du retour.
